Barrabas, de plus en plus étourdi, s'empressa d'obéir.
—Il faut boire, marmottait le nain en vidant son verre. C'est comme cela que je trouve tout, moi, et il faut que je trouve qui est cet homme!... Ah! der Teufel! c'est cela qui serait drôle si, cette fois, j'avais mis la main sur la trouvaille des trouvailles! Eh! parbleu oui! L'air mystérieux... cette tendresse... le manteau... Barrabas! deux brocs, trois brocs, dix brocs, mon fils!... et dépêchons-nous, nous sommes ici en noble compagnie!... Me ferez-vous l'honneur de boire avec moi, monsieur le marquis?
En disant cela, Goliath regardait fixement l'homme au manteau rouge. Celui-ci tressaillit.
—Est-ce à moi, dit-il, que?... Tu me connais donc?
—Eh! eh! cela dépend... Il y a marquis et marquis. Je vais vous dire, moi, je suis franc. Il y a des marquis que je déteste; il y en a que j'aime bien, comme par exemple celui dont l'hôtel est là, tout près de nous, et où il y a même une pauvre marquise qui s'ennuie bien sur son lit d'accouchée...
—Que tu dises vrai ou que tu mentes, peu m'importe! je n'ai plus rien à cacher à l'heure qu'il est. Je suis le marquis de Vilers!
Comment cela se fit, nous ne saurions le dire: mais au-dessus des brocs passa, comme s'il eût été lancé par un invisible tremplin, l'irrespectueux Goliath, qui vint tomber, les jambes et bras ouverts, contre la poitrine du marquis, qu'il embrassa dix fois avant que celui-ci eût pu s'en défendre.
À la fin, Goliath tomba à terre aussi vite qu'il avait sauté au cou du marquis.
—Vive la joie! s'écria-t-il, j'ai trouvé, j'ai trouvé... Décidément j'ai tout trouvé...
Et s'adressant aux exempts: