J'attendis environ une heure dans la plus vive anxiété.

Pourquoi la jeune Hongroise m'avait-elle donné rendez-vous? Pourquoi avait-elle besoin de me voir et n'avait-elle foi qu'en moi?

A l'émotion que de telles pensées devaient faire naître dans mon coeur, joignez le souvenir de ce serment infâme que j'avais prêté et de cette loterie étrange à laquelle j'avais consenti.

Depuis une heure, mes amis m'étaient devenus odieux.

Il me semblait que ces trois hommes formaient entre elle et moi une barrière infranchissable.

Toutes ces réflexions tumultueuses torturaient mon esprit, lorsque je vis se mouvoir dans l'éloignement une forme humaine.

La nuit était assez sombre, et je ne pus distinguer tout d'abord à qui j'avais affaire.

Cependant j'entendis un pas léger résonner sur le sol glacé et bientôt je pus me convaincre que la personne qui venait à moi était une femme.

Cette femme était enveloppée dans une mante épaisse qui lui cachait entièrement le visage.

Je crus que c'était la comtesse elle-même et j'allai vers elle.