—Ce sera fait, m'avait répondu le cornette.

Et, en effet, à peine étions-nous rentrés sous la tente habitée en commun par mes trois amis et moi, que nous vîmes arriver un aide de camp du général, le chevalier de Sorigny.

—Monsieur de Vilers, me dit-il, le colonel-général a reçu de France des nouvelles qui vous concernent.

Je jouai l'étonnement et je suivis le chevalier.

Mes trois amis n'eurent aucun soupçon.

Le colonel-général, marquis de Langevin, qui n'était plus jeune, bien qu'il fût d'une bravoure passant pour chevaleresque, avait le malheur d'être atteint de la goutte.

Quand il avait son accès, force lui était de garder le lit.

Mais, son accès passé, il remontait à cheval et devenait l'officier le plus actif de l'armée.

Or, comme, ce jour-là, il avait son accès, je le trouvai au lit, souffrant beaucoup et n'ayant fermé l'oeil de la nuit.

—Que diable me voulez-vous donc? fit-il en me voyant entrer.