Le lendemain, le comte partit pour Vienne, et sa prétendue fille monta dans une litière avec sa gouvernante.

A une lieue de Fraülen, la litière s'arrêta.

En cet endroit la route côtoyait le Danube et une barque était amarrée dans les roseaux.

Quatre hommes montaient cette barque, moi et mon domestique, déguisés toujours en paysans hongrois, et deux mariniers bulgares.

L'intendant consentit à s'en aller, et la jeune fille et sa gouvernante s'assirent dans l'embarcation.

Nous descendîmes le Danube jusqu'à la mer Noire.

Là nous trouvâmes un navire de commerce français qui faisait voile pour le Bosphore.

Deux mois après, nous débarquions à Marseille, et huit jours plus tard nous arrivions à Paris.

Vous me permettrez, mon ami, de vous résumer en quelques lignes ma vie tout entière à partir de cette époque. J'étais parjure avec mes amis, et, malgré toutes les précautions que j'aie pu prendre, ils ont su que je les avais trahis et que j'avais enlevé Haydée.

Longtemps mariés secrètement, nous avons vécu ignorés.