—Frère! dit alors le Napolitain, l’heure marche! A cheval! on nous attend!

Ils se remirent en selle et continuèrent leur route côte à côte, la main dans la main, ainsi qu’il convient à deux rejetons du même arbre que la tempête a longtemps séparés, et dont un nouveau caprice de la tempête réunit enfin les rameaux. Tout à coup, une bouffée de vent leur apporta sur son aile le bruit d’un lointain galop de cheval qui retentissait parmi les voix de l’orage.

—Frère! dit le Lorrain, entends-tu?

—Oui, fit l’Italien, tournant la tête et tendant l’oreille. C’est un cavalier qui accourt bride abattue.

—Frère, nous étions quatre, peut-être est-ce l’un de nos frères!

—Qui sait? fit le Lorrain hochant la tête.

—Qui donc veux-tu qui chevauche à pareille heure, par temps pareil et dans pareil chemin, si ce n’est celui que l’heure presse, que la destinée pousse, que le prestige ardent de l’inconnu attire?

—C’est juste, dit le Lorrain.

Et tous deux mus par la même pensée, s’arrêtèrent, écoutant, anxieux, le galop qui se rapprochait.

Bientôt une silhouette noire se dessina sur le sillon blanc du chemin, puis cette silhouette cria: