—Vous souvient-il de votre père? interrompit le Napolitain, dont la voix tremblait.
—Oui, oui, fit vivement le Lorrain; c’était un homme de haute taille, déjà blanc de cheveux et de barbe, mais dont l’œil brillait comme un reflet d’épée au soleil.... Il était vêtu de noir.... Il avait une plume noire à son chapeau....
Le cavalier napolitain poussa un nouveau cri:
—Cet homme était votre père? s’écria-t-il.
—Et, continua le Napolitain dont la voix tremblait de plus en plus, ne vous souvient-il pas maintenant que vous aviez des frères?
—Des frères?
Le Lorrain passa de nouveau la main sur son front...
—Oui, balbutia-t-il, il me semble... Nous étions quatre, j’étais le plus petit... car les autres me portaient...
—Oh! fit soudain l’Italien dont l’émotion couvrit la voix: le voile du passé se déchire.... Je me souviens... Tu es mon frère!
Et, poussant un même cri, les deux cavaliers se jetèrent à bas de leurs chevaux, et aux éclats de la foudre, aux lueurs des éclairs, s’étreignirent et se donnèrent un baiser.