—Il le faut, répondit le vieillard.

—Mais c’est mon fils!

—C’est le duc de Bretagne; voilà tout!

—Mon Dieu! supplia la pauvre mère.

—Madame, dit froidement le vieux Penn-Oll, choisissez: si votre fils demeure ici, le poignard ou le poison vous le raviront avant qu’il soit peu..... S’il part avec l’un de ses oncles, Dieu permettra sans doute que la couronne de Bretagne étincelle un jour à son front.

—Eh bien! fit la veuve, je suis Écossaise, mon père est un laird des montagnes, laissez-moi retourner dans mon pays avec celui de vos fils qui a vécu en Écosse et nous l’élèverons ensemble.

Le vieillard tressaillit et fronça le sourcil, puis il parut hésiter; mais don Paëz s’écria:

—Non pas, je suis l’aîné, et après le duc notre maître et le châtelain notre père, j’ai le droit de parler haut et franc.

—Parlez, dit le vieux Penn-Oll.

—Nous venons, reprit don Paëz, de faire hommage lige et de promettre fidélité et appui à l’enfant qui sera notre duc; puisque l’un de nous doit l’élever, il faut que celui-là soit désigné par le sort, car nous sommes tous égaux.