—Adieu sire mon père, dit-il.
Et il se dirigea vers la porte.
Don Paëz l’imita et sortit après lui.
Puis Gontran prit de nouveau l’enfant dans ses bras, et les suivit.
Alors, Hector l’Écossais vint à la veuve qui pleurait toujours, lui prit les mains et lui dit.
—Madame, puisque vous êtes du pays d’Écosse et que je retourne sur cette noble terre, ne voulez-vous point venir avec moi, et revoir le castel de vos aïeux?
La veuve se leva, tourna un regard éperdu vers la porte par où son fils venait de disparaître, puis elle regarda tour à tour le vieillard grave, muet, attachant son œil triste et profond sur cette même porte par laquelle une fois encore s’en allaient ses quatre rejetons, ensuite sur ce jeune homme si fier et si beau, ce mélancolique et pâle jeune homme qui venait de murmurer le nom de patrie à son cœur désolé de mère comme pour y verser un baume et en adoucir la plaie saignante, et elle parut hésiter...
Elle les regarda tour à tour, l’un avec sa lèvre d’adolescent où la douleur, peut-être, avait déjà mis un pli; l’autre avec son front chauve et ridé, sa barbe blanche, son œil résigné et calme; puis, après avoir hésité longtemps entre le jeune homme qui lui parlait de sa patrie et qui, d’un seul mot, avait fait revivre dans son souvenir les tourelles du manoir paternel et les heures bénies du passé;—et le vieillard qui allait se trouver solitaire et morne dans sa demeure vermoulue, que l’Océan berçait de son éternel et monotone refrain;—elle se précipita enfin vers le vieillard, porta ses deux mains à ses lèvres, et lui dit:
—Mon père, je veux vivre avec vous, je veux soutenir vos vieux ans, comme un réseau de lierre étaye le vieux mur, qu’il embrasse étroitement.
Hector inclina la tête.