Et elle retomba sur son siège, cacha sa tête dans ses deux mains et pleura.

Gontran ôta son manteau et en couvrit l’enfant qui, étonné, regardait sa mère.

Alors don Paëz s’avança, tira son épée de nouveau et, l’étendant sur la tête du futur souverain breton:

—Sire duc, mon maître, dit-il, le plus grand capitaine du monde chrétien, l’infant don Juan d’Autriche, m’a donné l’accolade de chevalier avec cette épée; à mon tour, je vous fais chevalier, et je vous réserve ce glaive pour le jour où votre main le pourra porter.

Et il donna trois coups de plat d’épée sur le jeune héritier des ducs bretons; et l’enfant, comprenant vaguement la solennité de cet acte, courba le front avec gravité et mit un genou en terre; puis se releva l’œil brillant et fier, jetant à sa mère un mâle regard.

Sa mère pleurait toujours.

Il alla vers elle, lui prit les mains, la baisa au front, lui disant:

—Ne pleure pas.....

Ensuite, et semblant comprendre que la destinée inflexible l’appelait ailleurs, il retourna auprès de Gontran et se plaça à sa droite.

Gaëtano vint à son tour vers lui, fléchit un genou et lui baisa silencieusement la main. Après quoi il alla à son père et lui baisa la main pareillement: