Marguerite le guida ainsi au travers des ténèbres, jusqu’à une seconde porte qui était fermée, mais dont elle avait la clé...

Et elle s’apprêtait à ouvrir, quand des cris retentirent derrière cette porte.

—Mon Dieu! fit-elle désespérée, l’issue est gardée, par où fuir?... Venez!

Elle lui fit rebrousser chemin à moitié, ouvrit une autre porte, et pénétra dans une vaste salle mal éclairée par une lampe à abat-jour de cristal dépoli...

C’était sa chambre à coucher.

—Là! là! dit-elle en lui indiquant l’alcôve dont les rideaux étaient soigneusement fermés. Couchez-vous dans mon lit. On ne viendra pas vous y chercher. Le roi ne fit qu’un bond vers l’alcôve et se blottit jusqu’au menton, l’épée nue, sous la courtine de soie. Mais il y était à peine, et Marguerite n’avait point encore eu le temps de fermer entièrement les rideaux, que la porte principale de l’appartement, laquelle donnait sur l’un des grands couloirs, vola en éclats, et qu’une troupe de forcenés, le fer au poing, envahit la salle, vociférant:

—Mort au Béarnais!

Marguerite jeta un cri, s’élança vers le roi qui s’était levé soudain, et qui, un oreiller d’une main en guise de bouclier, son épée de l’autre, s’apprêtait à vendre chèrement sa vie; elle poussa une nouvelle porte secrète qui était au fond de l’alcôve, entraîna le roi par cette porte et la tira après elle.

Cette porte communiquait avec un étroit escalier tournant montant aux petits appartements et conduisant en même temps au laboratoire de Charles IX.

Ce fut là que Marguerite fit entrer le roi.