—De fuir! fit le massacreur, qui était tenace et qui avait toujours la pointe de son épée au visage du roi.

—Non, dit Gontran, pas de fuir, mais de porter un ordre, mes maîtres, ajouta-t-il durement; vos épaules ont mérité cinquante coups de houssine chacune, car vous avez failli tuer un des meilleurs serviteurs de monseigneur le duc de Mayenne.

A ce nom, les massacreurs frémirent et poussèrent un cri de terreur:

—Grâce! murmurèrent-ils.

—Messire, continua froidement Gontran, s’adressant au roi, qui calme et le fer au poing, semblait attendre l’issue de la négociation de son protecteur inconnu; messire, veuillez me communiquer l’ordre que vous m’apportez, afin que ces braves gens soient bien convaincus qu’ils méritent une bastonnade.

Le roi qui avait saisi un imperceptible signe de Gontran se pencha à son oreille, et feignit d’y murmurer quelques mots.

—C’est bien, dit Gontran avec déférence. Suivez-moi!

Et il rentra dans l’hôtellerie, suivi du roi qui passa la tête haute au milieu des massacreurs tout tremblants.

Gontran gagna l’appartement où il avait laissé l’enfant endormi, et où il le retrouva dormant toujours.

Gontran ferma la porte, puis revint à lui: