Il heurta une fois encore...
Même silence!
Alors il n’hésita plus; et bien que la porte fût en chêne ferré, il appuya contre elle ses robustes épaules, et d’un effort suprême, l’enfonça.
Il pénétra dans un vestibule obscur, gravit un petit escalier également plongé dans les ténèbres, traversa deux pièces désertes; puis, arrivé à une troisième, il trouva agenouillée dans un coin une femme blanche et froide que la terreur rendait muette, et qui versait des larmes silencieuses.
Cette femme était madame Charlotte de Sauve.
Elle avait appris une heure auparavant ce qui se passait, elle avait voulu courir à Paris, pénétrer jusqu’au Louvre, arriver au roi: elle avait été repoussée et refoulée par un flot de populaire qui criait: Mort au Béarnais! et elle s’était réfugiée dans sa maison que ses serviteurs venaient d’abandonner.
Là, dominée par la terreur, elle avait verrouillé toutes les portes et s’était réfugiée au coin le plus obscur pour y prier ardemment et demander à Dieu le salut de celui qu’elle aimait.
A la vue de Gontran et des deux hommes qui le suivaient, elle poussa un cri et ferma les yeux, croyant déjà voir sur son sein la pointe meurtrière d’une épée.
Mais Gontran alla vers elle et lui dit à l’oreille:
—Ne craignez rien... je viens vous sauver...