L’autre était son beau-frère, le comte de Huntley.

Le troisième, lord Maitland, seigneur des Marches du sud, vendu depuis longtemps à Élisabeth.

Ces trois seigneurs s’entretenaient tout bas et avec feu, et ils avaient eu soin de se placer à distance des autres groupes, de manière à n’être point entendus. Seul, un jeune homme, un page, bien plutôt, car sa lèvre était vierge encore de tout duvet, ne se mêlait à aucun attroupement, ne parlait à personne et se tenait à demi appuyé à une des portes d’entrée, et jetant un mélancolique regard sur cette foule bariolée et étincelante d’armes, d’étoffes éclatantes et de pierreries.

Il pouvait avoir dix-huit ans et portait le costume éclatant des gardes de la reine.

Tout à coup l’œil rêveur de ce jeune homme s’illumina, et quittant le poste d’observation où il était, il courut à la rencontre d’un jeune homme enveloppé d’un long manteau brun, et qui venait d’entrer dans la salle du bal par une porte opposée.

Ce gentilhomme n’était point en costume de cour; ses bottes poudreuses, son feutre terni, les faveurs fanées de son justaucorps annonçaient qu’il venait de faire une longue route.

Il tendit la main au jeune homme et lui dit:

—Béni soit Dieu qui me fait te rencontrer, Henri!...

—Comment! te voilà, Hector?

—J’arrive, mon ami.