Henry tressaillit.

—Il a un visage de tigre.

—Il est plus lâche que lui. Cet homme, Henry, poursuit depuis longtemps la reine d’un amour odieux... fatal... Cet homme ne reculera devant rien; pour posséder sa souveraine une heure, il bouleversera l’Écosse, il armera contre elle depuis le premier laird jusqu’au dernier vassal... il n’hésitera point à la traîner sur une claie d’infamie...

—Horreur!

—Regarde-le bien, Henry. Si mon poignard ne lui clôt la bouche, si ma main n’arrache sa langue à temps, la reine d’Écosse est perdue.

—Tu exagères, Hector...

—Non, de par Dieu! mon ami.... Je sais bien ce que je dis. Dieu me garde de calomnier! Aussi tu comprendras, n’est-ce pas? tout ce que j’ai souffert, tout ce que j’ai enduré d’angoisses depuis huit jours... huit siècles! pendant lesquels le monstre aurait pu triompher!

Je suis arrivé à Edimbourg. J’étais bien las, bien brisé. Mon cheval allait s’abattre. On m’a dit que la reine était partie pour Glascow avec sa cour. J’ai demandé si lord Bothwell était avec elle, et comme on m’a répondu que oui, j’ai demandé un autre cheval et je suis parti.

—Noble cœur! murmura Henry.

—Je suis arrivé ici, il y a dix minutes. Le château était illuminé, les abords gardés par les soldats, la cour encombrée de chevaux, de valets, de litières. On m’a dit que la reine donnait un bal.