Il s’inclina trois fois puis se couvrit et cria:

—De par la reine, oyez et faites silence!

Un murmure confus, mêlé d’étonnement et d’indignation, courut parmi la noblesse écossaise. On se demandait jusqu’à quel point cette femme qu’accusait la rumeur publique avait encore le droit de parler en reine.

Cependant la curiosité l’emporta sur tout autre sentiment et le silence s’établit dans la foule.

Le héraut déplia alors un parchemin scellé du grand sceau et lut:

«Nous, Marie Stuart, reine d’Écosse à nos féaux et sujets, nobles, bourgeois et vilains.

»Le soupçon est un stigmate qui ne doit point souiller le front des rois. Notre peuple nous accuse, il faut, et telle est notre royale volonté, que la lumière soit faite à l’instant. Nous avons donc résolu qu’aujourd’hui même, un lit de justice serait tenu par la noblesse de notre royaume et les grands feudataires de notre couronne, à la seule fin de rechercher les coupables du meurtre du roi, notre époux, et de les punir selon la rigueur et la juste sévérité des lois du royaume.

»Nous y comparaîtrons en accusée et, Dieu aidant, nous en sortirons innocentée et reine.

»Le lit de justice sera composé de douze lords du royaume, désignés par la noblesse elle-même; il s’ouvrira dans la salle du trône de notre château royal de Glascow.—Signé: la reine[[A]].»

[A] Mémoires du laird de Tullibardine.