—Votre reine, fit Douglas avec mépris, votre reine que vous dites, que je veux bien croire innocente, a perdu l’amour et la vénération de ses sujets à l’heure même où elle a pris le bras de Bothwell. Les juges l’absoudront, l’opinion ne l’absoudra point.

—Bothwell! murmura Hector frissonnant, Bothwell!...—Milord, reprit-il d’un air sombre, vous êtes le seigneur le plus puissant du royaume d’Écosse, le plus brave, le plus loyal. A votre voix, sous votre main, les portes d’une prison peuvent s’ouvrir...

—Oui, fit Douglas, et je vous sauverai!

Hector hocha tristement la tête:

—Ce n’est point ce que je vous demande, murmura-t-il, je veux une heure de liberté, une seule... pour poignarder Bothwell, et puis... j’irai au supplice la tête haute et le cœur vaillant.

—Vous l’aurez, fit Douglas étouffant un soupir dans sa rude poitrine de soldat.

—Merci!

Ce dialogue avait eu lieu dans une vaste salle emplie de seigneurs.

Tous avaient suivi du regard, ne pouvant l’entendre, la conversation du lord et du soldat; tous étaient convaincus de l’innocence d’Hector, et chacun d’eux cherchait à deviner, dans son attitude et dans ses gestes, le mobile de son étrange conduite.

Tout à coup les portes s’ouvrirent et un héraut d’armes entra.