—Je suis votre valet de chambre, sire.
—Eh bien! je te fais premier ministre.
Don Paëz haussa imperceptiblement les épaules:
—Quel singulier pays que l’Écosse! où des niais de ce genre jouent des rôles importants! murmura-t-il. Allons, sire, reprit-il tout haut, on vous attend. Venez, voici mon bras.
—Tu me disais donc, reprit le loquace monarque, que la reine était belle?
—Encore? pensa don Paëz impatienté.
—C’est très bien de le penser, mais il ne faut pas le dire trop haut... car enfin, vois tu, il faut que la reine soit respectée...
—Sans doute. Venez donc, sire?
Le faux roi prit le bras de don Paëz et essaya de faire un pas, tout en continuant de parler.
—... Car, si elle ne l’était pas, on pourrait murmurer dans notre bon pays d’Écosse... et puis, notre noblesse est fière, et elle la déposerait en vertu d’un lit de justice... Or, comprends bien, cela me serait parfaitement égal qu’on déposât la reine, si l’on ne devait pas me déposer... je ne l’aime pas, moi, et ne tiens qu’aux milliards qui sont dans mes caves de Glascow et d’Edimbourg;—mais, comme la déposition de la reine entraînerait la mienne... tu comprends...