Et il poussa son cheval.
Au bout d’une demi-heure, en effet, le futur mari de la reine atteignait les avant-postes du camp improvisé par le régiment d’Écosse-Cavalerie. Il était alors trois heures du matin, le jour naissait, et c’était à peu près le moment où le malheureux Wilkind recevait cet étrange sacre que vous savez des mains de M. d’Edimbourg.
Sa Majesté la reine d’Écosse était sur pied à deux heures du matin, et le château royal de Glascow, où se sont passées les premières scènes de notre récit, était en émoi dès cette heure matinale.
La reine partait pour Stirling, où elle allait voir son fils, le futur roi d’Écosse et d’Angleterre.
Une litière était prête, une compagnie des gardes à cheval rangée, le pistolet au poing des deux côtés de la litière.
La reine ne descendait point encore, cependant, et demeurait pensive et irrésolue, pâle et frémissante devant la glace où, à l’aide de ses camérières, elle venait de terminer sa toilette de voyage.
—Betsy, dit-elle enfin à la plus jeune de ses femmes, vous ne m’accompagnerez pas...
La jeune lady la regarda avec étonnement:
—Pourquoi cela, madame?
La reine hésita: