—Eh bien! quand la reine ordonne, ceux qui mangent son pain lui doivent obéir. Arrière!
Nul dragon ne bougea.
—Vous êtes donc rebelles?
—Peut-être...
Le garde n’ajouta pas un mot, il éperonna son cheval, reprit au galop la route qu’il avait suivie, rendit compte de son infructueuse mission et rentra dans le carré.
Alors, comme les dragons continuaient à demeurer immobiles à leur poste, et ne faisaient nullement mine de vouloir attaquer les premiers,—ce furent les gardes qui, malgré leur petit nombre, marchèrent à leur rencontre, laissant la litière en arrière avec cinq d’entre eux pour la garder.
Le choc fut terrible.
Les deux troupes, dédaignant le pistolet, se heurtèrent, l’épée à la main, comme deux murailles d’acier qui marcheraient l’une vers l’autre.
La vallée, nous l’avons dit, était étroite; les dragons, quoique bien supérieurs en nombre, ne pouvaient s’y déployer aisément, et le combat qui s’engagea alors fut semblable à une nouvelle bataille des Thermopyles.
Le capitaine des gardes se fit tuer le premier; mais, avant d’expirer, il dit à celui de ses hommes qui le soutint dans ses bras: