—Cours vers la reine, fais-la rentrer au galop. Ce n’est plus une fuite, c’est une retraite.
Le garde partit. Au lieu de cinq, la reine avait désormais six défenseurs.
Ils entourèrent étroitement la litière, et tandis que leurs camarades se faisaient tuer un à un sans pouvoir entamer cette ligne d’airain que les dragons avaient formée sur les deux rives du torrent, ils rétrogradèrent, lentement d’abord, puis plus vite, et prirent enfin le galop.
Mais aussitôt un gros de dragons d’une vingtaine d’hommes se détacha du premier escadron, ayant à sa tête le personnage masqué qui avait constamment donné des ordres, et se mit à leur poursuite. Un moment ils luttèrent de vitesse, mais enfin les dragons arrivèrent à portée de pistolet et firent feu.
Les gardes, dont aucun ne tomba, ripostèrent.
Six hommes contre vingt!
Et cependant, la lutte qui s’engagea en cet instant dura vingt minutes; sept hommes tombèrent parmi les dragons, un seul garde fut atteint en pleine poitrine et tomba en criant:
—Vive la reine!
Comme au premier engagement, le pistolet fut laissé pour l’épée. Cinq dragons tombèrent encore, deux gardes moururent comme eux, sans reculer d’un pas.
Restaient trois hommes contre huit.