Hector ne prononça pas un mot, n’exhala aucune plainte;—mais il prit son épée et l’appuya lourdement sur sa poitrine:

—Adieu, madame! murmura-t-il.

Et il allait se tuer sous les yeux de cette femme, à laquelle il avait dévoué sa vie, son honneur, son repos, son passé et son avenir—si un bras vigoureux ne lui eût arraché l’épée des mains.

C’était celui de Gontran, qui le saisit ensuite par les cheveux, le rejeta sur sa selle, et, enfonçant l’éperon aux flancs de son cheval, prit du champ et s’éloigna au galop, criant à don Paëz et à Gaëtano:

—Frères! en avant! nous n’avons plus rien à faire ici.

Don Paëz et Gaëtano n’avaient point attendu ce cri pour le suivre; ils galopèrent bientôt côte à côte, laissant Bothwell, la reine et les dragons stupéfaits de cette brusque retraite.

—Frère, dit alors Hector, laisse-moi en finir; la vie m’est à charge!

—Nous sommes les fils de Penn-Oll, répondit Gontran, et l’enfant n’est point retrouvé! ta vie ne t’appartient pas!...

Les quatre frères coururent le monde pendant dix-huit mois, allant du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est, s’arrêtant dans chaque ville importante et demandant à tous les échos le nom du lieu qui recélait leur enfant.—Recherches vaines!

—L’enfant n’est plus; murmura don Paëz lassé.