Ce mot, le ton avec lequel il fut dit, le geste qui l’accompagna, produisirent sur Hector l’effet de la foudre, un nuage passa sur ses yeux, son front se mouilla, il pirouetta sur lui-même et s’affaissa sur le sol.

En ce moment la porte s’ouvrit et Bothwell entra avec quatre gardes du corps.

La reine était pâle et oppressée.

A ses yeux, Hector était un assassin—elle ne croyait pas un mot de ce qu’il lui avait dit.

Mais c’était un assassin dont l’amour avait armé le bras; c’était un téméraire qui avait osé l’aimer et que son amour avait rendu criminel.

C’était cet amour encore qui l’amenait ici, qui le faisait calomnier Bothwell...

C’était cet amour qu’elle venait de flageller impitoyablement, et qui le jetait ainsi dans cette douleur morne et désespérée, dans cette prostration morale et physique où elle le voyait.

Elle en eut presque pitié; et sans l’arrivée subite de Bothwell, peut-être lui eût-elle tendu la main pour le relever.

Mais Bothwell entra l’œil étincelant, le sourcil froncé. Bothwell le désigna aux soldats et leur dit:

—Emparez-vous de cet homme!