X

Le château de Dunbar dressait ses tours crénelées et ses épaisses murailles sur une falaise escarpée qui dominait la mer.

Ses souterrains, immenses et mystérieuses catacombes, sombres cachots perdus sous le sol, s’étendaient jusqu’à la mer et se trouvaient situés au-dessous de son niveau, si bien que, lorsque la mer était grosse, le vent poussait le flot contre les parois de la falaise avec une force telle que ses éclaboussures jaillissaient jusqu’aux étroites meurtrières qui ajouraient les cachots et retombaient sur les prisonniers en pluie glacée.

Ce fut là qu’on conduisit Hector, là qu’il fut enfermé, quelques heures après avoir quitté la reine.

Son nouveau cachot était moins obscur et plus large que le premier, le grand jour y pénétrait assez franchement par en haut; mais il était plus humide encore, et, le jour où il y entra, la mer était mauvaise et y pénétrait goutte à goutte.

Il en entendait distinctement les clapotements sourds et les mugissements,—et cette voix gigantesque, qu’il reconnut tout d’abord, parvint, pendant quelques heures, à lui faire oublier sa position misérable pour lui rappeler ses souvenirs d’enfance, sa jeunesse, puis la tour de Penn-Oll, revue il y avait quelques jours à peine, et son père... et ses frères...

Ses frères!...

Henry franchirait-il assez vite l’espace pour qu’ils arrivassent à temps, pour qu’il pût les voir avant son supplice, et leur recommander la reine, que lui-même n’avait pu sauver?

Il était brisé de fatigue, la faim lui donnait le vertige; il s’endormit avant la nuit.

Le lendemain il s’éveilla aux premières clartés qui lui arrivaient du ciel par sa meurtrière.