Le sommeil avait assoupi sa faim et réconforté son corps.

Son esprit était plus libre, il pouvait réfléchir.

Il réfléchit, il songea avec délices aux quelques mots de pitié échappés à la reine; il se prit à songer que s’il la pouvait voir encore, peut-être finirait-il par la convaincre.

La voir!

Ces deux mots absorbèrent la pensée du prisonnier et l’occupèrent tout entier.

La voir! une dernière fois, une seule, et puis mourir: c’était tout ce qu’il demandait. Mais comment la voir?

Un homme lui apporta à manger.

Il voulut lui parler, cet homme lui imposa silence d’un geste, et se retira sans avoir prononcé un seul mot.

Alors il se souvint de Douglas qui lui avait offert la vie, de Douglas qui l’aimait et voulait le sauver... qui, sans doute, apprendrait bientôt que Bothwell n’était pas mort, que lui, Hector, était enfermé, et qui mettrait tout en œuvre pour le délivrer.

Une fois libre, il irait à Bothwell malgré son rang, ses grades, malgré mille obstacles; il ne s’abaisserait plus jusqu’à vouloir donner des explications et des conseils, il frapperait...