Un coup de poignard sauverait bien mieux la reine que ces avertissements stériles qu’elle n’avait point voulu écouter.

Et il espéra en Douglas, et il demeura toute la journée sous la meurtrière, écoutant rugir la mer, et prêtant l’oreille au moindre bruit étranger. Nul ne vint... la nuit tomba, le jour s’éteignit.

Il s’étendit sur la paille humide de son cachot et appela le sommeil.

Le sommeil fut lent à venir.

Le lendemain il s’éveilla plein d’espoir; son espoir se continua toute la journée; puis, la journée finie, il se dit avec résignation:

—Ce sera demain.

Le lendemain s’écoula sans qu’il eût vu d’autre être humain que le geôlier qui lui apportait à manger.

Et plusieurs journées s’écoulèrent ainsi, et pendant ces longues journées il n’entendit d’autre voix que le murmure menaçant de la mer clapotant au-dessus de sa tête.

Alors la lassitude commença à le prendre, la patience lui échappa, l’espoir s’évanouit... et ce délire affreux qui s’empare des prisonniers quand ils ont enfin brisé la coupe vide de l’espérance, étreignit sa pensée et le jeta dans un monde fiévreux et fantastique, d’où il ne sortait à demi que pour prononcer les noms de Douglas, de Bothwell et de la reine.

Parfois il avait un moment de calme, et alors il regardait avec effroi les murs de sa prison qui semblaient l’étouffer; il trouvait sa situation effrayante, et il demandait la mort.