Un jour il dit à son geôlier:
—Vous savez que je suis condamné à mort?
—Oui, fit le geôlier d’un signe.
—Quand dressera-t-on mon échafaud?
Le geôlier fit un mouvement d’épaules qui signifiait:
—Je ne sais pas!
—Le bourreau! le bourreau! s’écria-t-il, qu’on me livre au bourreau! je veux mourir!
Le geôlier eut un sourire de pitié et s’en alla. Hector, demeuré seul, retomba dans son délire.
Enfin, le quatorzième jour de sa captivité, tandis que l’œil hagard, le cou tendu, il écoutait avec l’indifférence stupide de l’idiotisme les sanglots de la mer, exposant son front à cette pluie d’écume que le flot lui jetait en se brisant aux murs de sa prison, il crut entendre un bruit, une voix plus aiguë, plus nette que celle de la mer, et, à ce bruit, à cette voix, la raison lui revint et il écouta.
Il écouta longtemps, dix minutes peut-être... Rien!