La sentinelle austère
Fermera la paupière,
Folle sécurité!
Prisonniers, ayez bon courage....
La dernière heure d’esclavage
Est l’aube de la liberté!

—Mordieu! murmura don Paëz; par saint Jacques de Compostelle! il paraît que les sentinelles ont aperçu la barque.

—Ah! fit Hector avec insouciance, brisé qu’il était par tant d’émotions.

Don Paëz vint à lui, le prit dans ses bras, considéra, à la faible clarté du jour qui tombait de la meurtrière, son visage hâve et amaigri, ses yeux étincelants de fièvre, et il lui dit avec une tristesse profonde:

—Tu l’aimes donc beaucoup! tu as donc bien souffert?

Hector tressaillit et regarda son frère:

—Je souffre horriblement, murmura-t-il.

—Frère, continua don Paëz, Henry nous a tout dit... Gaëtano et moi, nous sommes accourus tous deux, moi de Madrid, lui de Naples... Quant à Gontran, il n’a pu le trouver, mais il viendra s’il te sait en péril.

—Dieu le veuille! murmura Hector. Il est bien tard déjà!

—En effet, dit don Paëz, il est bien tard!