—Messeigneurs, nous a répondu le bûcheron, si vous avez soif et faim, voici un pot de vieille ale et un cuissot de venaison; buvez et mangez... Mais quant à coucher ici, c’est impossible!

—Et pourquoi? maroufle!

—Parce que je n’ai qu’un lit.

—Eh bien! nous dormirons sur le sol, pliés dans nos manteaux et les pieds tournés vers le feu.

—Impossible encore, messeigneurs, reprit le bûcheron: je suis un pauvre diable à qui le sort rend la vie dure; une occasion se présente pour moi de faire fortune, ne me l’enlevez pas. Dunbar est proche, vos chevaux ont le jarret solide, poussez jusqu’à Dunbar.

—Tu attends donc quelqu’un ici?

—Chut! ceci n’est pas mon secret.

—C’est possible, dit Gaëtano qui fronça le sourcil soudain; mais, à coup sûr, ce sera le nôtre.

Et comme le bûcheron le regardait étonné, il tira son épée qui étincela d’un fauve reflet à la lueur du foyer.

Le pauvre diable fit un pas en arrière, Gaëtano un pas en avant.