XI

—Quand la reine eut entendu ces brutales paroles, poursuivit don Paëz, quand elle eut baissé la tête et gardé un silence plein d’irrésolution et de honte, le cavalier parut comprendre qu’il devait se contenter de cet aveu tacile. Il se leva donc et lui dit en s’inclinant:

—Adieu, madame... au revoir, plutôt.

La reine fit un mouvement, se leva à demi, et peut-être allait-elle encore résister...

Il ne lui en laissa pas le temps, il s’inclina une fois de plus et sortit précipitamment, demandant son cheval au bûcheron.

La reine demeura auprès du foyer, absorbée dans une méditation pénible, remplie d’incertitude et de terreur. Gaëtano était toujours à son poste d’observation, et il eût bien voulu suivre le cavalier qui venait de sauter en selle, si, pour cela, il n’eût fallu sortir de sa retraite improvisée et faire jeter un cri à la reine.

Henry et moi nous nous étions traînés presque au seuil de la hutte; et si nous n’avions point vu le visage du cavalier, si nous n’avions pu surprendre son entretien avec la femme arrivée après lui, du moins soupçonnions-nous une partie de la vérité.

Au moment où il monta à cheval, nous étions à deux pas, dans une broussaille.