—Oh! merci, milord! merci, m’écriai-je avec l’accent de la joie.

—L’heure que vous attendez avec impatience, ajouta-t-il, est plus proche que vous ne croyez.

Je tressaillis, il n’y prit garde.

—Cette nuit même, poursuivit-il, le traître mourra du dernier supplice dans une cour intérieure du château.

J’avais eu le temps de dompter mon émotion, j’eus le courage de m’écrier: Dieu soit loué!

—Il est un vieil usage, continua Bothwell, un usage respecté dans le royaume d’Écosse, depuis les siècles les plus reculés: le condamné, aux approches de son supplice, demande un entretien, sans témoins, au gouverneur de sa prison ou au commandant de la citadelle dans laquelle il est enfermé, soit pour faire des révélations, soit pour implorer sa grâce. C’est son droit.

—Je connais cet usage, murmurai-je avec un frisson d’espérance.

—Or, poursuivit Bothwell, le condamné réclamera sans doute ce bénéfice et demandera à être introduit en ma présence. Descendez donc avec un de vos camarades et l’aumônier dans son cachot. Il se confessera, s’il le veut, et puis, vous me l’amènerez ici.

—Vous serez obéi, milord.

—Mais, ajouta encore Bothwell, ce n’est pas tout. Le condamné, accablé de stupeur devant ses juges, n’a pu trouver un mot pour les fléchir. Plus calme dans son cachot, il a employé un détestable moyen de défense, un moyen impie, s’il en fut...