—A merveille! Voici l’infante qui revient; faites-moi donc un conte arabe, monsieur de Valer?
—Soit, messire don Paëz; je vais vous faire celui des Deux Chevaliers maures qui aimaient l’un et l’autre la sultane Namouna.
—Le conte est de circonstance, répondit don Paëz.
CHAPITRE DEUXIÈME
II
L’infante prit le poing de don Paëz pour remonter dans sa litière comme elle avait pris celui de don Fernand en quittant Madrid.
Les deux rivaux se trouvaient dès-lors sur la même ligne. Seulement don Paëz tressaillit profondément, car il lui sembla que la princesse s’appuyait sur lui avec plus d’abandon qu’elle n’en avait montré pour don Fernand.
—Colonel, dit l’infante tandis que le cortége se remettait en marche, il me semble que don Fernand allait vous faire un conte, tantôt?
—En effet, balbutia don Fernand.
—Eh bien! reprit l’infante, pourquoi don Fernand ne continuerait-il pas?