—Le respect qu’on doit à Votre Altesse...

—Bah! dit la princesse en souriant, en voyage...

—Don Fernand, fit le colonel des gardes d’une voix railleuse, puisque Son Altesse le désire, faites-nous donc ce conte?

—M’y voici, répondit don Fernand. Mon conte est une véridique histoire...

—Comme tous les contes, murmura l’infante.

—Naturellement. C’est l’histoire de la sultane Namouna, fille du roi de Grenade Aroun IV.

—Voyons.

—La sultane Namouna, reprit don Fernand, était au dire de ses contemporains, un peu plus belle à elle seule que les trois cent soixante-treize houris du paradis de Mahomet; ses cheveux étaient noirs comme la plume luisante du corbeau; ses dents avaient la blancheur du marbre de l’Alhambra, et ses yeux étaient jaunes comme les paillettes d’or qui miroitent au soleil du désert.

La sultane Namouna avait seize ans révolus, et cependant elle n’avait point encore d’époux. Cela tenait à ce que le roi Aroun, son père, l’aimait avec adoration et ne voulait point s’en séparer.

Namouna lui demandait souvent: