—Quand donc me marierai-je?
Le roi répondait:—Quand tu trouveras un mari qui t’aime plus que moi.
Et comme, jusque-là, la chose paraissait impossible, la belle sultane Namouna ne se mariait point.
Il y avait cependant autour d’elle deux chevaliers maures qui eussent donné la moitié de leur turban, la garde de leur cimeterre et la crinière de leur cheval favori pour épouser la belle Namouna.
L’un était un Abencerrage du nom de Yamoud; l’autre, un Abasside appelé Hassan.
Tous deux, du reste, beaux, valeureux et jeunes.
L’Abasside avait la taille majestueuse comme les cèdres d’Orient; l’Abencerrage était moins grand, mais ses membres, frêles en apparence, avaient la force flexible de l’acier.—L’Abasside était pauvre, l’Abencerrage était riche.
L’Abencerrage aimait la sultane pour elle, l’Abasside l’aimait pour son or et le trône du roi Aroun, qu’il espérait avoir en épousant sa fille.
Et tous deux pensaient sagement: celui qui était pauvre était ambitieux; celui qui était riche n’avait soif que d’une chose, le bonheur.
L’Abasside vendit les derniers champs de ses pères et vida sa dernière bourse pour avoir de riches habits, des ceintures de soie, des turbans de cachemire, des diamants de la plus belle eau, en un mot tout ce qui éblouit et fascine les femmes.