L’Abencerrage, au contraire, dédaigna ces parures luxueuses qu’il pouvait avoir à profusion,—si bien que la sultane Namouna, qui savait leur commun amour, se disait: Hassan est pauvre, mais c’est le plus élégant cavalier du royaume de Grenade,—Yamoud est riche, mais il n’y paraît guère.—Lequel choisirai-je?
Et comme elle hésitait, elle songea qu’il serait toujours temps de trancher cette question et que l’essentiel, le plus pressant, était d’obtenir le consentement du roi Aroun.
Elle alla donc le trouver, et lui dit:
—Père, tu sais que j’ai bientôt dix-sept ans?
—Oui, répondit Aroun: eh bien?
—Eh bien! je vieillis.
—Bah! je ne trouve pas.
—Je vieillis, père, et je reste fille, cependant.
—Que t’importe! puisque je t’aime et que tu es sultane?
—Je comprends, reprit la rusée Namouna, que cela t’importe peu à toi, et même à moi,—mais il n’en est pas de même de tout le monde...