—Lequel aimes-tu? demanda Aroun.
—Je ne sais pas; tous deux peut-être...
—Alors il faut choisir celui qui t’aime réellement.
—Comment le savoir?
Aroun caressa sa barbe blanche, demanda à Allah une parcelle de ses lumières, et finit par mander devant lui les deux chevaliers maures.
Quand ils furent en sa présence, il leur dit:
—Vous aimez ma fille tous deux, n’est-ce pas?
—Oui, répondirent-ils.
—Eh bien! poursuivit Aroun, comme je veux que ma postérité seule me succède, voici à quelle condition vous l’épouserez: Quand ma fille aura un fils, je ferai trancher la tête à son époux...
Don Fernand en était là de son conte, quand la litière s’arrêta aux guichets de l’Escurial.