—Tu n’épouseras point ma fille, répondit Aroun.

Puis, quand l’Abasside fut parti, il dit à l’Abencerrage: Tu aimes réellement ma fille, tu l’épouseras et tu vivras. Je n’ai nul besoin de ta tête, et je te fais mon héritier et mon successeur.

Don Fernand s’arrêta; don Paëz sourit et dit:

—Ne pensez-vous pas, mon gentilhomme, que votre conte ressemble singulièrement à notre histoire?

—Oui, car je l’ai inventé. Seulement il y a une légère différence.

—Laquelle?

—C’est que c’est vous le chevalier pauvre, qui probablement aimez la sultane, tandis que moi...

—Ah! bah! fit don Paëz, je croyais que vous l’aimiez...

—J’essaye, murmura philosophiquement don Fernand. Mais vous sentez qu’à la guerre les ruses sont de bon aloi. L’infante aura saisi l’allusion, j’ai voulu qu’elle crût à mon amour.

—Et, demanda don Paëz, vous ne l’aimez donc pas?