—Je voudrais l’épouser, mon gentilhomme.

Don Fernand recula.

—Vous êtes fou, dit-il; pour être gendre du roi d’Espagne, il faut être fils de maison souveraine.

Un sourire d’orgueil arqua les lèvres de don Paëz.

—Qui vous dit que je ne le suis pas? fit-il.

Et comme son adversaire le regardait avec un étonnement profond, il ajouta:

—Mais nous n’avons pas le temps de nous faire des confidences. Nous sommes ambitieux tous deux, tous deux nous avons un but commun, un seul doit l’atteindre; il faut donc que l’un de nous cesse de vivre.

—Sur-le-champ, dit froidement don Fernand en tirant son épée.

Les deux gentilshommes s’attaquèrent avec une froide intrépidité, mesurant habilement leurs coups, maîtres d’eux-mêmes, l’œil terrible et le sourire aux lèvres. Des myriades d’étincelles jaillirent de leurs épées, le fer froissa le fer en grinçant; vingt fois il faillit effleurer leur poitrine, vingt fois il fut détourné.

Après vingt minutes de combat, aucune goutte de sang ne teignait encore leur pourpoint.