Don Fernand demeura une seconde encore immobile devant l’infante et mesurant de l’œil don Paëz; puis il s’inclina respectueusement, salua fièrement son adversaire devenu vainqueur, et se retira au milieu des sourds murmures des courtisans étonnés ou peinés, et des regards de compassion et d’encouragement des femmes qui semblaient lui vouloir faire oublier l’ingratitude ou le dédain de la princesse.
Un fauconnier tenait en main le cheval de don Fernand; le gentilhomme se dirigea vers lui, mit le pied à l’étrier, et dit tout bas à l’homme qui l’avait entretenu la veille:—J’accepte.
Pedro, le fauconnier, tressaillit et répondit sur le même ton:
—Il faut partir aujourd’hui même, en ce cas.
—Ce soir, après la chasse.
—C’est trop tard.
—Eh bien! partons avant la chasse.
—Bien, murmura le fauconnier: à bientôt. Et il s’éloigna.
Don Fernand était en selle, il fit faire une courbette à son cheval, tandis que le fauconnier s’éloignait.
Pendant ce temps on continuait à chuchoter derrière les persiennes, dans la cour d’honneur et au travers des corridors.