—Le talus était trop rapide pour que les chevaux, malgré leur ardeur, y pussent tenir pied aux chiens, et l’infante laissa échapper un petit cri de colère.
—Voilà, dit-elle que nous allons encore perdre la chasse.
—Ne craignez rien, répondit don Paëz, l’ourse sera morte avant une heure.
L’infante hocha la tête d’un air de doute.
—Tenez, fit-elle avec dépit, entendez-vous déjà les chiens qui s’éloignent et courent vers le Nord? La chasse est manquée.
—Pardon, répondit don Paëz avec calme, si j’en crois mes instincts de veneur, rien n’est perdu, et nous sommes près de la tanière de l’ourse.
—Vrai! fit-elle avec une joie enfantine.
—Silence! interrompit brusquement don Paëz, écoutez...
Un hurlement sauvage, une sorte de grognement confus résonnait à cinq ou six cents pas dans les broussailles, au pied d’un banc de rochers caverneux.
—Entendez-vous les oursons?... Réveillés par la voix des chiens, ils ont distingué au milieu de leurs hurlements deux ou trois cris de rage échappés à leur mère. Venez, madame...