Mais don Paëz était homme de ressources; il n’avait point donné sa parole encore, et il pouvait méditer et exécuter un plan d’évasion si brillant qu’il reconquerrait à l’instant tout l’avantage de la position.

Il cheminait donc tête baissée et méditant, tandis que les gitanos portaient l’infante à tour de rôle, quand le sentier tortueux qu’ils suivaient au travers des bruyères, s’arrêta brusquement en face d’un mur de rochers qui semblaient défendre au voyageur de passer outre.

Celui qui paraissait être le chef de la troupe alla droit à l’un des rochers, et le heurta avec la crosse de son mousquet. Une partie de ce même roc s’entr’ouvrit, tourna sur des gonds invisibles, et laissa à découvert les premières marches d’un mystérieux escalier.

—Nous voici chez nous, dit-il; entrez, mon gentilhomme.

Le gitano qui portait l’infante s’engagea le premier dans cet étrange chemin; puis, après lui, le second bohémien qui venait d’attacher les chevaux à un chêne, puis don Paëz, et enfin le chef qui fermait la marche.

Ils descendirent ainsi une trentaine de degrés, guidés par le jour tremblotant de l’orifice; puis, tout à coup, les degrés firent place à une couche de sable criant sous les pieds; au lieu de descendre encore, don Paëz sentit qu’il suivait une route latérale de plain-pied et il se trouvait maintenant dans l’obscurité; à un coude de cette route, il vit poindre, dans l’éloignement, la lueur rougeâtre d’une torche.

Un bruit sourd se fit alors entendre au-dessus de sa tête, et il se retourna vivement.

—C’est la porte qui se referme, lui dit le gitano.

A mesure qu’il approchait de la torche, don Paëz distinguait plus aisément les objets d’alentour; et bientôt il aperçut, au bout du souterrain, plusieurs hommes environnant une table et occupés à jouer aux dés.

A l’arrivée des nouveaux venus ces hommes se levèrent avec empressement, et l’un d’eux cria: