—Je n’irai pas! fit don Paëz avec colère.

—Bah! murmura le gitano avec insouciance, tu iras, mon maître; tu iras parce que l’infante t’aime et que tu veux être gendre du roi...

Don Paëz tressaillit.

—Silence! s’écria-t-il.

—Sois tranquille, beau don Paëz, nous ne trahissons jamais un secret, surtout quand ce secret doit être profitable à notre cause et nuisible à nos ennemis. Ah! tu veux épouser une infante? Tant mieux! mon maître, parce que si tu deviens puissant en Espagne, les Maures seront plus heureux... En route!

L’un des trois hommes prit l’infante dans ses bras, l’autre s’empara des chevaux, le troisième aida don Paëz à se lever et lui dit:

—Marche, mon gentilhomme; le chemin est court, du reste, et nous serons bientôt arrivés.

Et don Paëz, les mains liées derrière le dos, suivit les gitanos, et s’enfonça avec eux sous le couvert.

Don Paëz avait été moins soucieux et moins sombre un quart d’heure auparavant, quand il luttait corps à corps avec le monstre.

L’infante prisonnière avec lui, l’infante tombée au pouvoir des Bohémiens en sa compagnie; c’était sa perte, aux yeux du roi.