—Coupe les liens du sire don Paëz, dit-elle, il est libre.
Hammed obéit.
—Tout ceci est parfaitement inutile, fit le gentilhomme avec calme, je veux demeurer prisonnier.
—Tu veux demeurer prisonnier! s’écria la gitana avec un mouvement de joie.
—Oui, répliqua don Paëz, je ne m’en retournerai certes pas à la cour d’Espagne sans l’infante: puisque j’ai été pris avec elle, elle sera libre avec moi ou je partagerai sa captivité.
La Bohémienne était devenue soucieuse et fronçait le sourcil:
—Viens avec moi, dit-elle, je veux te parler sans témoins.
Elle lui prit la main, et don Paëz frissonna au contact de cette main qui pressait la sienne; elle l’entraîna; il la suivit sans résistance.
Sur le seuil du boudoir, elle dit aux gitanos:
—Faites respirer des sels à l’infante; voici bien longtemps que dure son évanouissement, et il n’est pas convenable qu’une fille d’Espagne soit aussi mal soignée par des Maures.