—Elle est morte! dit-il, et je l’aimais!...

—Nous l’inhumerons en reine, frère, nous pleurerons avec toi... viens!...

Un éclair passa dans les yeux de don Paëz.

—Et la flotte, demanda-t-il, où est-elle? Peut-être pourrions nous vaincre?

—La flotte a été dispersée par la tempête et quatre vaisseaux se sont brisés.

—Alors, répondit don Paëz, quand on perd en un jour une couronne et la femme qu’on aime, il ne reste plus qu’à mourir.

—Frère, la porte va céder, il sera trop tard dans deux minutes... fuyons!

—Tiens, fit don Paëz avec calme, prends ce coffre, il est à toi; et laisse-moi. Je suis roi, je veux mourir comme tel... Les rois ne fuient point.

—C’est vrai, s’écria Gaëtano, les rois ne fuyent point; mais avant d’être roi tu te nommais Jean de Penn-Oll, et tu avais fait le serment de dévouer ta vie à la restauration de notre race. Ta vie ne t’appartient pas, l’enfant n’est pas retrouvé!

Et les deux frères saisissant don Paëz dans leurs bras, l’emportèrent dans cet escalier souterrain, qui devenait pour eux la voie suprême du salut!