Don Paëz fit pointer les canons et s’apprêta à saluer les Maures d’une pluie de feu.

Mais soudain ils s’arrêtèrent et parurent se consulter.

L’impatient don Paëz frémit et attendit qu’ils se remissent en route...

Il attendit vainement: les Maures se rangèrent seulement en bataille dans la plaine et sur les hauteurs; puis ils semblèrent offrir le combat aux deux garnisons de Grenade et de l’Albaïzin.

—Cordieu! s’écria don Paëz, puisqu’ils n’osent venir, nous allons les inviter.

Et quittant le rempart, il fit sonner le boute-selle, mit ses cavaliers et ses fantassins en ordre de bataille, ordonna qu’on ouvrît les portes et demanda son meilleur cheval.

Jusque-là ses ordres avaient été suivis ponctuellement; mais, au moment où il mettait le pied à l’étrier, don Fernando y Mirandès, capitaine des dragons de l’Albaïzin, sortit des rangs, s’approcha le chapeau à la main de don Paëz, qui l’accueillit avec un geste d’étonnement, le salua et lui dit avec courtoisie:

—Pardon, monseigneur, je voudrais vous entretenir une minute à l’écart.

—Que me voulez-vous? demanda le gouverneur en fronçant le sourcil.

—Vous rappeler simplement une loi martiale, monseigneur.