—Monsieur, dit-il sèchement, vous êtes un simple capitaine de dragons, et vous êtes sous mes ordres, n’est-ce pas?
—Sans doute, monseigneur.
—Eh bien! monsieur, je n’ai point de conseils à recevoir de vous, et je ne relève ici de personne. Une armée mauresque est devant nos murs, cette armée nous provoque, il est de mon devoir, il y va de l’honneur de l’Espagne de marcher à sa rencontre et d’accepter le combat.
—Je comprends, dit flegmatiquement don Fernando, qu’il est du devoir d’un gouverneur de faire sortir une partie de sa garnison...
—Ah! vous comprenez cela?
—Tandis que le gouverneur, poursuivit don Fernando impassible, doit, lui, demeurer avec le reste derrière ses murailles.
—Corbleu! exclama don Paëz impatienté, ma manière de voir diffère de la vôtre, monsieur, et je vous trouve bien hardi de commenter mes ordres et ma volonté.
—Monseigneur, répondit le capitaine avec calme, vous désobéissez au roi.
—Je ne le crois pas, fit don Paëz en raillant.
—Et moi je vous l’affirme.