—Je suis un pauvre diable, dit-il, et je gagne de mon mieux ma misérable vie...
—Je comprends, fit don Paëz avec dédain, tu viens me vendre ton secret?
—Votre Excellence a bien de l’esprit; elle a deviné juste.
—Fais ton prix, juif...
Et don Paëz prit une bourse qui se trouvait sur une table, à portée de sa main:
—Veux-tu mille pistoles? dit-il.
—Hum! grommela le juif, les Maures sont riches, et je suis bien sûr qu’ils paieraient mon silence plus cher que vous ne voulez acheter ma langue.
—Je double, dit froidement don Paëz. Si tu n’es pas content, je te fais pendre sur l’heure.
—C’est pour rien, murmura le barbier, mais je suis un fidèle sujet de Sa Majesté Catholique et je vais tout vous dire.
Don Paëz vida la bourse sur la table.