On emmena le barbier. Alors un fier sourire glissa sur les lèvres de don Paëz, qui s’écria:
—Cette fois le combat aura lieu dans mes murs; cette fois je serai bien le véritable défenseur de Grenade, et don Fernando ne sera point là pour discuter mes ordres.
Don Paëz frappa une seconde fois sur un timbre. Don Juan reparut.
—Appelle, lui dit-il, le capitaine des lansquenets.
Le capitaine arriva sur-le-champ. C’était un gros Allemand, grisonnant déjà, toujours à moitié ivre, capable de tout, même de piller une église et de se faire mahométan pourvu qu’on le payât; mais tenant scrupuleusement sa parole, et brave comme un lion.
—Combien avons-nous d’hommes en état de combattre? demanda don Paëz.
—Six cents environ.
—L’Albaïzin a-t-il des vivres et des munitions en assez grande abondance pour soutenir un siége de huit jours?
—Oui, monseigneur.