Don Paëz ceignit son épée et descendit dans les cours intérieures de la forteresse, où le capitaine de lansquenets exécutait ses instructions.
—Comment va don Fernand? demanda-t-il.
—Mal, lui répondit un soldat, il a le délire.
—Qu’il l’ait quelques heures encore, pensa-t-il, et je suis sauvé!
Les cent hommes étaient prêts à partir, et la nuit, devenue obscure, devait protéger leur marche silencieuse à travers les rues désertes de l’Albaïzin.
—Qu’on m’amène le barbier que l’on a conduit en prison, ordonna don Paëz qui, sans doute, avait réfléchi que le juif lui pouvait être un précieux cicérone.
—Juif, lui dit le gouverneur à demi-voix, tu m’accompagnes et tu vas m’indiquer, rue par rue, les maisons de ceux qui sont disposés à prendre les armes pour les Maures.
Le juif hésita.
—Cela n’était point convenu entre nous, balbutia-t-il.