Puis il ajouta tout haut:
—Un gentilhomme tient toujours son serment, messire. Vous serez libre dans quelques heures. Puisse cette liberté ne point m’envoyer à l’échafaud!
Aben-Farax demeura impassible.
—Messire, poursuivit don Paëz, vous allez partir pour Madrid, vous et les vôtres, sous bonne escorte, mais je donnerai des ordres, j’achèterai s’il le faut le capitaine de lansquenets que j’ai chargé de conduire le convoi, et à deux lieues d’ici, dans le premier bois que vous traverserez, il vous laissera fuir, vous et vos deux frères.
—Soit! répondit Aben-Farax.
Mais, en ce moment, la porte s’ouvrit et un homme pâle et chancelant, couvert de bandelettes ensanglantées, parut sur le seuil.
C’était don Fernando y Mirandès.
Don Paëz fit un pas en arrière et porta la main à son épée avec un geste de colère, à la vue de don Fernando.
—Que me voulez-vous? demanda-t-il avec hauteur.
—Monseigneur, dit poliment don Fernando, vous allez envoyer un convoi de prisonniers à Madrid?