—Que vous importe! fit don Paëz. Je suis le gouverneur de l’Albaïzin et ne prends conseil que de moi-même et du roi.
—C’est que, précisément, c’est au nom du roi que je parle.
—Ah! et que veut le roi?
Don Fernando déplia lentement un parchemin et le mit sous les yeux de don Paëz, qui pâlit de rage.
Ce parchemin contenait ces deux lignes:
«Si don Paëz envoie des prisonniers à Madrid, don Fernando y Mirandès sera chargé de les escorter avec une partie des troupes qu’il commande.
«Signé, Le Roi.»
Don Paëz rugit comme un taureau irrité par une meute de chiens hurlants. Une seconde d’anxiété terrible s’écoula pour lui, car il se trouvait dans la dure nécessité de fouler son serment aux pieds ou de désobéir au roi.
Pendant une seconde il tourmenta son épée dans son fourreau et fut tenté d’en frapper don Fernando. S’il n’eût été blessé déjà et chancelant encore, don Fernando était un homme mort. Son état de faiblesse le sauva.
Don Paëz garda une minute de terrible silence, pendant lequel don Fernando parut inquiet et troublé; puis il lui dit avec dédain: